Oeuvres de Street art

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Les illustrations qui accompagnent les textes publiés sur Panorama21 sont des oeuvres d’artistes urbains de partout à travers le monde. Parfois, les propos tenus par ces artistes et les nôtres font échos de préoccupations communes propres à notre époque.

Véritable réappropriation de l’espace citoyen, le Street art est le mouvement artistique le plus dynamique de notre époque. Situé en dehors des sphères publique et privée, il illustre, de façon subversive et séduisante, un contre-discours axé sur le bien commun. Notre objectif est ici de faire connaître ces artistes urbains. La présentation ci-dessous sera enrichie au fil des publications.

n°1 à 8 : Banksy, Keith Haring, Shepard Fairey

Mystérieux artiste dont on ne connaît pas la véritable identité, Banksy laisse sa marque sur les murs du monde depuis les tournant des années 2000. Il ne fait principalement au Royaume-Uni, d’où il est originaire (Bristol), mais aussi un peu partout sur la planète, notamment à New York (2013) et en Israël où il a peint sur le mur de la séparation (2005). Il utilise surtout la technique du pochoir, pour laquelle son style personnel est reconnu, mais crée également des installations et des sculptures. Il a conçu un parc d’amusement fictif en 2015 (Dismaland) qui critique la société de consommation postmoderne et un Hotel en Israël en 2017 (Walled of Hotel) qui dénonce la situation palestinienne. L’artiste a également réalisé un film (Exit Through the Gift Shop) qui a été nominé aux Oscar en 2011. Ses œuvres se vendent des centaines de milliers de dollars sur le marché de l’art, une réalité que l’artiste dénonce régulièrement dans des oeuvres critiques, ironiques et… autodestructrices. Banksy n’est ni sur Facebook ni sur Twitter. On peut le suivre sur son site web personnel et sur Instagram, deux canaux qui permettent d’authentifier ses créations.

Avant même d’être finissant de l’école de Design de Rhode Island en 1992, Shepard Fairey lance, au tournant des années ’90, une campagne publicitaire pour le moins insolite  : des autocollants, disséminés partout où il passe, où figurent le visage du lutteur André Roussimoff et le message «Andre the Giant has a posse» (André le Géant a sa bande de fans). La campagne intrigue le public et Fairey se met peu à peu à étudier le phénomène. Le visage du lutteur devient ainsi une icône que l’artiste placarde partout, en format géant (parfois au risque de la prison). Pivot central d’une vaste campagne qui s’apparente  à un système de propagande, le logo devient la signature de l’artiste. En 1996, inspiré par le film «They live» de John Carpenter, Fairey ajoute, au bas de l’image, le mot «Obey» qui deviendra littéralement sa marque de commerce. Depuis, l’artiste n’a cessé de raffiner son oeuvre, notamment par la création de vastes murales, d’affiches et d’une ligne de vêtements (Obey Clothing). On peut suivre l’évolution de son travail sur son site web personnel et sur Instagram.

n°9 : Stik (Royaume-Uni)

Stik est originaire de Hackney, au Royaume-Uni, où il a commencé à peindre des fresques en 2001. Ses personnages, constituée de six lignes et deux points, décrivent sa communauté. Stik collabore souvent des œuvres de bienfaisance, notamment des organisations pour sans abri et des hôpitaux. L’artiste crée aujourd’hui d’immenses œuvres d’art avec des communautés du monde entier. On peut voir son travail sur son site web et sur Instagram.

n°10 : Blu (Italie)

Blu est un artiste originaire de Bologne en Italie qui a commencé à faire de l’art urbain en 1999. D’abord influencé par son compatriote Ericailcane avec qui il collabore régulièrement de 2003 à 2006, Blu en est venu à développer un style et une thématique plus personnels. Utilisant d’abord la peinture en aérosol, il a expérimenté puis adopté une nouvelle technique usant du rouleau pour tracer et colorer des murales de plus en plus larges. Le style de Blu est reconnu pour son utilisation du visage et du corps humain qui le rapproche de la bande dessinée. Blu a également crée une célèbre vidéo intitulée «Muto» dans laquelle son oeuvre visuelle s’anime pendant 7 minutes. Récemment, l’artiste a entrepris de détruite son oeuvre, en la recouvrant de noir, pour dénoncer la gentrification à laquelle ses peintures ont participé dans certains quartiers. L’artiste a beaucoup oeuvré en Amérique du sud ces dernières années (Nicaragua, Mexique, Guatemala, Costa Rica, Argentine, Brésil). On peut suivre son oeuvre sur son site personnel, sur YouTube et sur Instagram.

n° 11 : Vhils (Portugal)

Vhils est le pseudonyme de l’artiste portugais Alexandro Farto, né à Lisbonne en 1987, dont la carrière commence au milieu des années 2000. Sa technique révolutionnaire le fera remarquer au Can Festival créé à Londres par Banksy en 2007. L’artiste utilise le marteau-piqueur pour créer des fresques réalistes qui mettent en valeur des visage usés par la vie. Depuis, son oeuvre touchante n’a cessé de conquérir le public partout où il laisse sa trace. Vhils interroge l’identité dans les sociétés urbaines contemporaines et leur environnement Il s’intéresse à la lutte entre les aspirations individuelles et les exigences de la vie quotidienne. Il observe et décrit l’érosion de l’unicité culturelle face au modèle dominant. Depuis quelques années, l’artiste crée des performances avec des explosifs. On peut voir son travail (et quelques vidéos) sur son site personnel et sur Instagram.

n° 12 : Ericailcane (Italie)

Formé à l’École des beaux-arts de Bologne, Ericailcane commence sa carrière en collaboration avec son compatriote Blu et crée de vastes fresques à la bombe aérosol. Peu à peu, sa technique et son style changent et évoluent vers un bestiaire riche et subtil, véritable métaphore de la société et de son rapport à l’écologie. Les animaux que peint Ericailcane sont souvent aux prises avec un environnement hostile. L’artiste est inspiré par des oeuvres du Moyen Âge et de l’époque victorienne et son imagerie rappelle Bosch et Dürer. On peut voir ses illustrations, ses murales, ses installations et ses vidéos son site personnel, sur Instagram et sur Vimeo.

n° 13 : Seth (France)

Diplômé de l’École Nationale des arts décoratifs, Seth est un artiste parisien dont les premiers pas dans la rue remontent au milieu des années 1990. Il entreprend un long voyage en 2003 qui fera de lui un véritable globe-trotter, son projet le menant dans une quinzaine de pays dont il découvre la culture et les moeurs. Au retour, il publie un livre sur son expérience. S’intéressant principalement au monde de l’enfance, Seth développe une oeuvre qui puise dans l’imaginaire des mythes et des contes pour mettre en scène des personnages colorés. Dans ses oeuvres, les enfants sont souvent de dos, le visage plongé dans un univers qu’eux seuls peuvent apercevoir. Ses oeuvres interrogent le spectateur sur son rapport au réel. On peut voir ses images à Montréal, mais aussi sur son site web personnel et sur Instagram.

n° 14 : Millo (Italie)

Né en 1979, l’artiste italien Francesco Camillo Giorgino crée son oeuvre sous le pseudonyme Millo depuis 2010. Ses murales, souvent peintes en noire et blanc, mettent en scène des personnages qui explorent leur environnement urbain dans un cadre qui met en valeur son architecture, discipline dans laquelle l’artiste est diplômé. Millo a créé des oeuvres dans le cadre de divers festivals à travers le monde qui l’ont conduit en Lituanie, au Portugal, aux Pays-Bas, aux États-Unis, en Allemagne ou au Canada (à Montréal notamment). On peut voir ses oeuvres sur son site personnel et sur Instagram.